Avancement: opportunité ou cadeau empoisonné?
Écrit par Pierre-Henri Badel Lundi, 31 Mai 2010 17:23
L'aventure ou la chance, peut arriver à tout employé dynamique et compétent: un jour, il est convoqué par son chef pour apprendre que la direction compte sur lui pour reprendre un poste à responsabilité.
Généralement honoré par une telle promotion, rares sont les personnes qui réfléchissent aux conséquences que cela peut avoir sur leur vie privée et professionnelle. Sans compter que le candidat doit surtout se demander s'il est préparé à assumer une telle tâche. Mieux vaut donc se préparer à le faire et mettre toutes les chances de son coté. Une telle promotion peut en effet être très valorisante si les résultats escomptés sont au rendez-vous. Un échec peut par contre s'avérer personnellement très décourageant et constituer un handicap sérieux pour tout le reste de sa carrière professionnelle.
Faire le point à tête reposée
Celui qui se sent prêt à affronter les défis d'une promotion devra commencer par adapter ou créer un cahier des charges qu'il fera approuver par la direction. Ce document sera établi sur la base d'un diagnostic détaillé du poste, des compétences et des exigences qui y sont liées. Ce document servira à lever les ambiguïtés et les quiproquos qui pourraient apparaître ultérieurement en ce qui concerne la conduite des affaires, et des collaborateurs impliqués dans le cadre de responsabilités du bénéficiaire de la promotion. Si un cahier des charges existe déjà pour le poste en question, veillez à demander s'il est toujours d'actualité et si des adaptations sont nécessaires.
Ne pas hésiter à se faire aider
L'autre point capital est de se faire assister par un coach durant la phase de transition. Il est important de bien comprendre ce que l'on a réellement à effectuer et si on comprend bien le rôle que l'on attend du bénéficiaire de la promotion. Ce coach peut soi être une personne interne (supérieur hiérarchique, responsable des ressources humaines, collègue, etc.), soit un consultant externe ou une personne expérimentée et de confiance. Cette deuxième solution a l'avantage de ne pas surcharger les cadres de l'entreprise, mais nécessite d'adopter un budget pour ce genre d'assistance.
La personne qui bénéficie de la promotion peut conditionner son acception à ce genre de soutien et demander aussi l'importance (nombre d'heures) de cet appui.
Un tel coach sera très utile si un conflit apparaît en raison des tensions internes que peut avoir créer la nomination en cause. Il permettra d'éviter les situations délicates et surtout d'apaiser ou dégonfler les crises avant qu'elles n'apparaissent au grand jour.
Les entreprises les premières gagnantes
En apportant leur assistance interne ou externe à un nouveau responsable ou dirigeant, les entreprises sont les premières gagnantes. En effet, cela coûte toujours très cher de recoller les pots cassés après l'échec d'un de ses cadres, et cela peut fragiliser ou déstabiliser une équipe et compromettre la bonne marche des affaires dans le département concerné. Sans compter qu'il faudra recommencer l'opération dans les mois qui suivent pour lui trouver un successeur, qui risque de rencontrer les mêmes difficultés. Ou de procéder à une sévère restructuration qui sera encore plus perturbatrice pour le fonctionnement de l'entreprise, avec à la clé une baisse de chiffre d'affaires qui est inhérente à toute déstabilisation conduisant à une baisse de motivation parmi le personnel.
A ce titre, pour réussir ses débuts de manager, il faut mobiliser rapidement de multiples qualités: capacités pointues d'adaptation, connaissances approfondies de soi-même et bonne maîtrise de la communication.
Quelques conseils pour les nouveaux cadres
Lors de la prise de toute nouvelle fonction, le premier réflexe est d'établir une liste des qualités essentielles que devrait posséder le nouveau dirigeant, et mettre à jour les points susceptibles d'être améliorations, note le cabinet de recrutement Robert Half. Cela pourrait consister à:
- Développer ses capacités de communication écrite et verbale en vue d'établir des relations interpersonnelles de bonne qualité. Ces compétences éviteront que vous deveniez un manager toxique, à savoir constamment critique, arrogant et caustique, inconstant et imprévisible, fermé et égocentrique. Il convient également à veiller à la qualité de ses relations avec la direction générale, ses homologues et les responsables et employés des autres départements.
- Motiver les autres en expliquant le contexte général du fonctionnement de l'entreprise, des projets en cours et de leur action. Il ne faut pas manquer de féliciter ceux qui le méritent en public à chaque étape franchie avec succès. Par contre, les reproches et les critiques doivent être dispensées en privé. Il y a aussi lieu d'être présent lors des phases délicates d'un projet ou d'une action et de montrer l'exemple. Il faut également fixer des objectifs susceptibles d'être atteints tout en étant ouvert aux propositions d'amélioration ou d'innovation de chacun des membres de son équipe.
- Obtenir l'agrément de son équipe et de ses pairs sur les principaux objectifs stratégiques.
- Reconnaître publiquement la contribution, les réussites des autres et toujours partager ses succès avec les membres de son équipe.
- Savoir parfaitement ce qu'attend sa direction et avoir constamment en tête les objectifs stratégiques les plus importants de sa société.
- Respecter les délais impartis et responsabiliser chaque membre de l'équipe sur les principales échéances à respecter, en organisation des points réguliers de l'avancement des tâches pour bien gérer la charge de travail de chacun.





