Aménager son horaire de travail

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Les formes de travail liées à la nouvelle économie ont parfois comme corollaire des frontières floues entre les heures consacrées à son employeur et celles qui incombent à sa sphère privée.
La crise économique qui a sévi dans les années 90 a poussé les entreprises à réduire leurs effectifs. La pression exercée sur les employés qui ont réussi à maintenir leur emploi en passant entre les gouttes des restructurations successives a fait des ravages qui se sont traduits par une augmentation des cadences de travail. Pour ceux qui n'arrivaient pas à atteindre leurs objectifs dans les temps, cela se traduisait par l'allongement des journées de travail, des situations de stress et une dégradation de la vie personnelle et de famille.

La Suisse, mauvaise élève
En additionnant les heures supplémentaires effectuées en Suisse, on obtient mathématiquement environ 74 100 postes à plein temps qui pourraient être créés par la suppression de ces heures supplémentaires.
Après avoir réduit le nombre de leurs employés, bon nombre d'entreprises ne sont plus en mesure de continuer à fonctionner de manière efficace et elles demandent à leur personnel d'effectuer un surcroît d'heures supplémentaires. Il s'agit donc de développer de nouveaux modèles de travail à temps partiel, tant pour les femmes que pour les hommes. Et l'emploi à temps partiel séduit de plus en plus de travailleurs, Selon une enquête réalisée en Suisse par la SAKE, 32% des personnes travaillant à plein temps seraient intéressées à réduire leur horaire.

Plusieurs formes de travail a temps partiel
Il existe plusieurs variantes allant dans ce sens, comme le partage dés emplois (job-sharing) ou les horaires de travail en tandem. Le partage des emplois constitue une forme très séduisante d'activité professionnelle, à condition que cette collaboration soit bien rodée et que les personnes qui se partagent le travail jouent le jeu. Ces nouvelles formes de travail exigent une adaptation des habitudes et règlements de travail des entreprises. Certaines y sont ouvertes, car elles peuvent ainsi mieux s'adapter aux pointes de travail. Mais il ne faut pas pour autant que les employés soient lésés clans tous les cas de figure, Ils doivent donc être vigilants pour que les contrats de travail qu'ils signent n'introduisent pas des dispositions qui s'avèrent finalement n'être qu'au seul bénéfice des employeurs.

Encore des écueils
Certaines contraintes légales ne stimulent pas non plus l'essor du travail à temps partiel. En effet, si l'on ne gagne pas un certain salaire, l'employeur n'est pas obligé de contribuer à certaines cotisations sociales. L'autre obstacle réside dans des préjugés de la part des employeurs. Ils craignent souvent que ceux qui s'y adonnent le font car ils n'ont pas d'ambition professionnelle, ce qui nuit souvent à leur avancement au sein de la hiérarchie de l'entreprise. Il faut donc clairement définir ses objectifs en connaissant tous les chausse-trappes quand on opte pour ces nouvelles formes d'activité.
Pierre-Henri Badel

 


Des solutions à imaginer
La brochure n° 7 éditée par la SEC Suisse sous le titre Le temps de travail - flexible et réduit, porte notamment sur la réduction de la durée du temps de travail, sur des modèles favorisant l'égalité et la famille, sur la participation des employés à l'élaboration de nouveaux modèles de temps de travail et sur les possibilités de travail à temps partiel à tous les niveaux hiérarchiques.
Renseignements: SEC Suisse, 3, rue Saint-Honoré, 2000 Neuchâtel, tél. 032 1721 21 37