Au chevet des assurances-maladie

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Le professionnel spécialisé dans ce domaine n'a jamais été aussi sollicité qu'actuellement. Pour être à l'aise dans l'exercice de son métier, il peut se former en cours d'emploi.

 

Dans les circonstances actuelles, avec des primes qui prennent l'ascenseur, les conseillers en assurance-maladie ont tout intérêt à être parés contre les attaques qui fusent de toute part. Une connaissance approfondie de la branche leur permettra de répondre judicieusement aux diverses questions posées par des membres qui, souvent, se sentent frustrés face à un système qu'ils subissent à défaut de le maîtriser. Santésuisse (anciennement le Concordat des assurances-maladie suisses CAMS) a mis sur pied un programme de formation permettant d'acquérir l'ensemble des connaissances nécessaires pour mener à bien une carrière professionnelle dans ce domaine. Organisation faîtière des assurances maladies basée à Soleure, ses principaux objectifs sont par ailleurs d'informer, de représenter un certain lobbying sur le plan politique, d'œuvrer pour une assurance de type libéral ainsi que d'établir les tarifs.

 

Une formation largement ouverte
«La profession d'expert en assurance-maladie est passionnante car elle se renouvelle constamment et se révèle précieuse dans sa mission de conseil auprès d'une clientèle souvent désarçonnée» affirme avec conviction Georges-A. Escoffey qui a déjà une longue expérience à son actif. «Ce sont essentiellement des employées de commerce et des assistantes en pharmacie qui participent à nos cours» souligne-t-il tout en relevant que ce sont essentiellement des femmes qui s'y inscrivent, à l'image du personnel travaillant dans le domaine de la santé.
«Nos classes sont composées de 1 5 personnes au maximum provenant de toute la Suisse romande; pour le cycle conduisant au brevet, nous comptons deux classes cette année» poursuit-il. Les cours se déroulent toujours à Lausanne. L'âge des participants s'étale en moyenne de 25 à 35 ans. Quant au cycle préparant au diplôme, il n'a pas lieu toutes les années mais tous les 3 ans environ en fonction du nombre d'inscriptions. Ce cursus fait généralement partie d'un plan de carrière visant à devenir responsable d'agence.

 

Exigences sous haute surveillance

La plupart des personnes intéressées par cette formation en emploi s'inscrivent d'abord aux deux cours d'introduction facultatifs précédant les cursus. Elles poursuivent ensuite souvent leur formation jusqu'au brevet et, plus rarement, jusqu'au diplôme. Les cours sont généralement financés par les compagnies pour autant que les bénéficiaires s'engagent à rester à leur service pour un nombre d'années convenu.
Le taux de réussite est en moyenne de 38%. «Sauf cette année où il n'a été que de 30%... C'était la volée catastrophe!» s'exclame G.-A. Escoffey qui explique en partie cet échec par une augmentation des exigences de la part de la commission d'examen. «C'est une politique délibérée pour conserver au brevet sa valeur marchande» affirme-t-il. «Peut-être que le climat d'insécurité régnant chez certains assureurs n'a pas permis à la mayonnaise de prendre» soupçonne-t-il aussi. L'alchimie entre les participants qui peut stimuler ou non leur motivation ne s'explique pas forcément. C'est en tout cas ce que constate Georges-A. Escoffey depuis longtemps. Enfin, dans le cadre de la nouvelle formation commerciale de base, Santésuisse organise également la «partie entreprise» prévue dorénavant au programme. «Elle compte pour moitié dans cette nouvelle forme d'apprentissage - que l'on ne doit d'ailleurs plus nommer ainsi - et qui cause tant de soucis à certains entrepreneurs» complète encore le responsable romand.
En dehors du programme de formation traditionnel, des séminaires spéciaux sont également mis sur pied chaque année à Lausanne. «J'ai énormément de plaisir à les organiser et ils remportent beaucoup de succès» se réjouit G.-A. Escoffey. On y voit la participation de directeurs de clinique, de médecins, d'assistants sociaux, de responsables de services médicaux ainsi que de directeurs de caisse maladie». Animés par des intervenants qualifiés, ces colloques traitent de sujets aussi variés que les conséquences pratiques de l'application de l'Accord sur la libre circulation des personnes, la protection des données ou les nouvelles conventions.

 

Engager un véritable dialogue
«Je bénéficie d'un statut un peu particulier puisque je travaille à domicile» raconte Brigite Kohler qui a obtenu son brevet voici trois ans. Maturité de langues modernes en poche, elle ne possédait aucune connaissance en la matière et a entamé sa carrière «par hasard», sur une simple demande. «J'ai trouvé que c'était un domaine intéressant. J'avais non seulement envie de mieux comprendre les rouages du système mais aussi d'obtenir une reconnaissance officielle et professionnelle pour cette activité» explique-t-elle. «Grâce à la formation acquise, je me sens en sécurité pour répondre de manière plus étayée. Il est vrai que ce n'est pas toujours agréable d'entendre les récriminations de certains adhérents, mais lorsque l'on peut argumenter valablement, les refus sont finalement mieux compris». En l'écoutant, on sent qu'elle trouve une grande satisfaction à accomplir sa tâche bien qu'elle se montre passablement inquiète pour l'avenir. «Je suis assez pessimiste et ne pense pas que la spirale va s'arrêter» craint-elle. «Pour cela, il faudrait vraiment que les gens se responsabilisent et n'optent plus pour l'attitude qui veut que, puisque l'on paie cher, on a tous les droits. Pour moi, ce n'est pas ça, faire preuve de solidarité» résume-t-elle pour conclure.
Quant à Nadine Cossy, cadre à la Supra, elle a été ravie de suivre ce cours. «Cela m'a permis d'avoir une vue d'ensemble de la branche alors que, au quotidien, on exécute un travail de spécialiste» se réjouit-elle. De plus, elle reçoit régulièrement de la documentation lui aidant à mieux comprendre ce qu'impliquent dans la pratique les modifications de la loi, au fur et à mesure de leur adoption. «Pour améliorer la situation, il faudrait pourtant qu'un vrai dialogue s'instaure entre les différents partenaires, pharmaciens, médecins et assurés. C'est à nos politiciens de faire en sorte que, enfin, une discussion ouverte et constructive ait lieu» analyse globalement Nadine Cossy.

© Clairemonde Hirschmann, www.adi-presse.ch

Pour plus d'information: www.santesuisse.ch