Qualité de la formation en adéquation

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Les entreprises cherchent à s'assurer un juste retour sur les investissements consentis dans la formation. La norme internationale ISO 1001 5 devrait y contribuer mais bien des pays restent fidèles à leur propre système d'évaluation et tordent à l'adopter.

 

Pour maintenir le savoir-faire à un niveau élevé, les entreprises investissent dans la formation et le perfectionnement de leurs employés. Leurs efforts financiers représenteraient 3% de la masse salariale globale. Pourtant, il s'avère que 80% des montants dépensés dans ce domaine ne sont pas rentables. Un outil défini sur le plan international leur permet désormais de savoir si les formations proposées sont réellement en adéquation avec les objectifs visés. La norme ISO 10015 «Management de la qualité - Lignes directrices pour la formation» se veut une approche sectorielle dans le but de garantir la qualité de la formation.

 

Déterminer les bonnes pratiques
C'est souvent lorsque les entreprises constatent que le manque de performances de leurs employés met en péril la marche de leurs affaires qu'elles songent à investir dans la formation. Mais avant de consentir aux efforts financiers que représente la mise sur pied de cours de perfectionnement, elles aimeraient obtenir la garantie que l'enseignement dispensé viendra combler les véritables lacunes et conduiront à de meilleures performances. Depuis que les dépenses sont minutieusement soupesées, tant du côté des employeurs que des employés, il est effectivement indispensable de connaître le rapport qualité/prix d'une formation avant de s'y engager.
Le système de gestion ISO 10015 a précisément été instauré pour aider les organisations, les dirigeants et les responsables des ressources humaines à identifier les «bonnes pratiques» pour l'acquisition des compétences. Avec une telle procédure, les supérieurs hiérarchiques doivent pourtant s'impliquer pour identifier les déficits puis, une fois la formation suivie, savoir mettre à profit les connaissances acquises. De leur côté, les employés ayant pu bénéficier de cours de formation selon cette nouvelle norme doivent en tirer profit puisque leurs performances s'en trouvent améliorées et reconnues par leur hiérarchie.

 

Une norme encore appelée à évoluer
Cette volonté de posséder une base d'évaluation largement reconnue ne date pas d'hier. Etonnamment, c'est la délégation sud-africaine qui fut la première à soumettre au comité technique ISOITC 176 responsable de la famille ISO 9000 des normes de management de la qualité une proposition de certification sur l'enseignement et la formation permanente. A cette fin, un groupe de travail fut alors formé avec des représentants d'une vingtaine de pays. La norme ISO 10015 fut finalement adoptée en 1999.
Chaque pays connaît cependant sa propre histoire des normes qualité, en particulier dans le domaine de la formation et de l'enseignement. La Suisse le prouve avec son modèle EFQM. Il n'en demeure pas moins que des normes de reconnaissance internationale sont indispensables à une époque où la mobilité est de mise. D'autres normes sectorielles, susceptibles de compléter et d'appuyer la générique revendiquée par les représentants d'économies en développement et en transition, doivent néanmoins pouvoir coexister.

 

Le point en Suisse
Notre pays ne dispose d'aucunes matières premières. Le principal atout de son industrie chimique, de ses banques et assurances ainsi que de son horlogerie et mécanique face à ses concurrents repose sur son capital humain et social accumulé au fil du temps et favorisé par un régime d'enseignement et de formation bien organisé. Mais ce dernier ne suffisant plus à relever les défis de la globalisation, les autorités suisses ont entrepris une réévaluation fondamentale de l'enseignement et de la formation professionnels. Elle commença son analyse par les hautes écoles spécialisées qui, pour la plupart, se basent sur le modèle européen EFQM, une minorité d'entre elles utilisant ISO 9000 ou le management total de la qualité TQM. Une fois cette évaluation achevée, les écoles ont été réorganisées, avec une nouvelle accréditation sectorielle. C'est la Conférence universitaire suisse, regroupant toutes les hautes écoles universitaires, qui créa l'Organe d'accréditation et d'assurance qualité chargé de préparer l'accréditation et la maîtrise de la qualité pour toutes les universités. Les critères et procédures d'accréditation ne sont pas fondés sur ISO 9000.
Pour encourager les établissements suisses d'enseignement secondaire professionnel à améliorer la qualité de leur enseignement, on leur offrit la possibilité d'obtenir la certification ISO 9000 sur la base d'un subside unique de l'Office fédéral de la formation professionnelle. Mais ce soutien fut supprimé à la fin 2001. Pourtant, dès janvier de la même année, les instituts de formation purent obtenir une certification qualité appelée EduQua. Il s'agit d'une organisation de certification privée qui se base sur des critères englobant les exigences pédagogiques et les qualifications professionnelles de formateurs. Quant à l'Association suisse de normalisation, elle a adopté la norme ISO 10015 le 1er septembre 2001.

Anne Charrière, © www.adi-presse.ch