Maintenir ses connaissances à flot, une priorité
Écrit par Administrator Vendredi, 18 Avril 2008 10:28
La baisse de la natalité, le vieillissement de la population, l'évolution sociale, des programmes d'enseignement inadéquats, la mondialisation ou les délocalisations constituent autant de causes susceptibles de renforcer le manque de qualifications et compétences dans certaines professions. Phénomène déjà ressenti un peu partout dans le monde, on tend à faire face à cette pénurie en améliorant les offres de formations scolaires et professionnelles, en adaptant des politiques stratégiques de migration, en intégrant les personnes sans emploi et en encourageant les personnes plus âgées, qualifiées et expérimentées à travailler plus longtemps. Le Livre blanc publié par Manpower donne quelques pistes de réflexion pour répondre à cette problématique.
Quelques constats interpellants
Dans son rapport Kilm (indicateurs-clés des marchés du travail), l'Organisation Internationale du Travail (OIT) rapporte que, malgré une croissance relativement soutenue dans de nombreux pays, l'économie mondiale ne parvient toujours pas à générer des emplois suffisants pour réduire les niveaux moyens de chômage ou de sous-emploi. Parallèlement, certains postes restent vacants, faute de main-d'œuvre et de personnes qualifiées pour les occuper.
Dans les pays émergeants, les personnes en âge de travailler s'expatrient pour chercher du travail, et les jeunes partis à l'étranger pour étudier ne reviennent plus une fois leurs études achevées. Ailleurs, comme en Chine, les compétences requises pour les emplois proposés sont inexistantes. En Afrique, les maladies et les catastrophes naturelles déciment le marché du travail. De plus, bien que le développement économique ne s'effectue pas au même rythme partout dans le monde, celui-ci met en jeu un certain nombre de forces concurrentes dont on constate déjà les effets.
Des réajustements permanents
Les emplois en usine sont ainsi de plus en plus souvent déplacés vers des pays émergeants aux salaires plus bas. L'amélioration de l'économie locale, qui va sans aucun doute se poursuivre, augmente pour sa part le niveau des revenus dans ces pays d'accueil. Par conséquent, cela rendra les délocalisations moins rentables tout en exacerbant de façon générale les pénuries de talents. Une augmentation des ressources dans les pays en développement entraînera en effet un besoin accru de main-d'œuvre, et les employeurs mondiaux se heurteront à une plus forte concurrence.
Les progrès en informatique et leurs applications dans l'automatisation ont également supprimé des emplois et en ont créé d'autres qui exigent de nouvelles compétences technologiques pouvant s'avérer rares. Pour faire face à la pénurie, les employés doivent donc rester attentifs aux tendances du marché, tout en veillant à ce que leurs compétences restent «utilisables».
Que faire dans l'immédiat?
Si certains pays de l'Europe de l'Est, d'ex Union soviétique et d'Afrique sub-saharienne peuvent exploiter leurs réserves pour tenter de remédier au manque de main-d'œuvre, il en va tout autrement en Espagne, Italie et Grèce qui doivent répondre à une demande toujours plus forte d'ouvriers spécialisés. Une ouverture facilitée de l'accès au marché du travail pour des immigrés qualifiés, en particulier des Balkans, permet d'y pallier. Le Japon et le Sud-Est asiatique attirent de même des milliers d'ouvriers des Philippines, d'Indonésie, de Chine, de Thaïlande et du Pakistan. Ces mouvements vont sans aucun doute s'intensifier.
Au niveau de l'éducation et de la formation professionnelle, les gouvernements, plus particulièrement ceux des pays émergeants, devront largement investir. Dans ce sens, la Chine s'est déjà fortement engagée dans l'amélioration de l'enseignement, notamment de l'anglais. En Europe aussi, l'enseignement de cette langue devrait se généraliser.
«De nombreux pays ont une véritable mine de chômeurs ou de personnes sous-employées qui pourraient s'intégrer ou se réintégrer dans le monde du travail» avancent encore les auteurs de cette étude. Et de citer les jeunes sans qualification, mères célibataires, personnes handicapées, travailleurs à temps partiel ou encore plus âgés, désireux de prolonger leur activité pour financer leur maigre retraite. «Les employeurs doivent créer les bonnes conditions d'emploi pour eux; les gouvernements peuvent également jouer un rôle en créant les lois et les réglementations adaptées à ces personnes afin qu'elles deviennent pleinement actives dans l'économie» suggèrent-ils.
Des efforts de part et d'autre
Les employeurs ignorent aussi trop souvent l'importance de la formation, ou s'ils offrent de bons programmes de cours, ils ne permettent pas à leurs employés de les suivre durant la journée. Ils ne pourront plus se comporter ainsi dans un avenir où les compétences se feront rares, ni s'offrir le luxe de licencier des personnes aux compétences dépassées pour en embaucher de nouvelles récemment formées. Ils devront par contre encourager le perfectionnement et la réorientation.
Il s'agira aussi de redéfinir les postes de travail. On devra notamment soulager des tâches non essentielles les cadres assumant de hautes responsabilités. L'encouragement à la formation polyvalente et à la flexibilité peut aussi créer un réservoir de compétences pouvant répondre à la variabilité des demandes.
Pour attirer les talents nécessaires et les conserver à long terme, les entreprises devront également devenir des employeurs attractifs. Opportunités d'expériences variées, perspectives de promotion et bonnes conditions de travail (horaires flexibles, congés maternité et paternité) contribueront dès lors à favoriser leur image et à fidéliser le personnel.
Quant aux employés, ils devront constamment rafraîchir leurs connaissances pour avoir quelque chance de rester dans la course. Le développement continu des compétences et la formation sont déjà aujourd'hui des facteurs essentiels, mais ils le deviendront encore davantage. Toute opportunité de perfectionnement devra ainsi être saisie.
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