Les prestataires dans la tourmente
Écrit par Administrator Lundi, 02 Juillet 2007 13:40
Au cours des belles années, les services informatiques constituaient le secteur qui enregistrait des taux de croissance sensiblement plus élevés que dans toutes les autres activités. Ce n’a pourtant pas été le cas l’année dernière. Avec une baisse de 2,25% en Suisse, le marché des services informatiques a, pour la première fois dans l’histoire, laissé des plumes. Les taux de croissance à deux chiffres des belles années appartiennent définitivement au passé.
Les sociétés de services ont désormais beaucoup de peine à décrocher de nouveaux projets dans les grandes entreprises. Dans ce segment très prisé du paysage informatique suisse, le mot d’ordre est aux économies. De manière encore plus drastique que ce n’est le cas quand on le compare au marché dans son ensemble. Les fournisseurs actifs dans la finance – dont la clientèle est essentiellement constituée des banques et assurances – l’ont ressenti assez fortement. Les problèmes économiques et structurels rencontrés en Suisse par les établissements financiers ont eu des répercutions beaucoup plus fortes que sur la moyenne des dépenses informatiques des entreprises. Dans aucun autre secteur économique, les budgets pour l’informatique n’ont subi de pareilles coupes.
La pression sur les prix se renforce
Le fort recul enregistré sur le marché des équipements informatiques et du logiciel s’est aussi répercuté – avec un certain décalage – sur celui des services. Et comme de nombreuses entreprises ont rallongé la durée de renouvellement de leur parc informatique – qui était jusqu’ici en moyenne de deux à trois ans – pour le planifier sur un cycle de quatre à cinq ans. Le report des investissements que cela induit a aussi des retombées sur le marché des services informatiques et le met encore plus sous pression.
Il est évident que certains projets se matérialisent malgré la conjoncture défavorable. Ils sont pourtant soigneusement passés sous la loupe à l’aune du retour sur investissement. Souvent, ils sont fragmentés en plusieurs parties, ce qui permet aux clients de s’adapter plus facilement et rapidement aux changements observés sur le marché. Leurs promoteurs ont ainsi la possibilité de se rendre compte s’ils ont déployé la meilleure solution tant sur le plan économique que technologique. Plus les investissements et dépenses engagées s’avèrent rentables, plus les directeurs d’entreprises sont enclins à débloquer des budgets et des moyens pour que les projets en cours prennent forme.
Les clients deviennent plus exigeants
Les clients exigent de plus en plus que les sociétés de services prennent des responsabilités accrues et qu’elles se muent en véritables partenaires. Cela exige pourtant de nouveaux modèles de collaboration dans les relations d’affaires. Une situation à laquelle les fournisseurs de services ne sont pas habitués. L’accroissement des responsabilités, l’innovation et de nouveaux modes de financement dans le secteur des services vont devenir, dans l’optique de l’utilisateur, le principal facteur décisif pour ce qui est du processus de décision lors du choix d’un prestataire de services.
Le marché de la formation stagne
L’année dernière, les entreprises ont dépensé globalement 403 millions de francs dans notre pays pour la formation et le perfectionnement des informaticiens et des utilisateurs. C’est moins que prévu, mais la formation en informatique fait traditionnellement partie des postes qui sont le plus souvent amputés en période de difficulté économique, tout comme c’est le cas des dépenses dans le secteur du marketing. Quand certains projets sont repoussés ou réduits à une dimension plus raisonnable, cela a très souvent comme conséquence que la formation associée les suivent sur la même voie. Avec 0,5% de croissance, le marché de la formation professionnelle s’est quasiment maintenu au niveau de l’année précédente. La partie consacrée à la formation des utilisateurs est estimée à 75%, bien que la majorité de celle-ci (environ 80%) concerne des cours en entreprise et de la formation ou du perfectionnement directement lié à un projet donné. Dans le cadre des efforts d’optimisation de l’informatique et des télécommunications, les entreprises sont toujours contraintes à étoffer et exploiter au mieux le savoir-faire de leur personnel. Le déblocage prévisible de nombreux projets en attente devrait pourtant donner des ailes à moyen terme à la formation dans le secteur de l’informatique et des télécommunications.
Erosion des prix dans l’assistance
Le marché de l’assistance et de la maintenance du matériel informatique a été confronté à une forte pression sur les prix au cours de ces dernières années. D’une part les prix ont fortement chuté en raison du downsizing de nombreux équipements informatiques. D’autre part, le coût de la maintenance des ordinateurs est aussi à la baisse et la durée des garanties a été prolongée, en particulier sur les PC et les stations de travail. Le concurrence accrue que cela a induit chez les prestataires de services a rendu la situation encore plus tendue sur le marché et a accru le phénomène d’érosion des pris dans les activités d’assistance. De nombreuses entreprises ont donc confié les tâches d’assistance à leurs propres employés, résilié leurs contrats de maintenance à l’occasion d’un changement de système ou ne les ont tous simplement pas renouvelés. En 2002, les dépenses ont ainsi atteint un montant total de 488 millions de francs, en baisse de 8,5% par rapport à l’année précédente. Le marché de la maintenance du matériel s’est ainsi amenuisé dans les mêmes proportions que celui de l’intégration des systèmes. On peut cependant escompter qu’en 2003, on enregistre un taux de croissance global de 1,9% pour l’ensemble des services informatiques, ce qui nous ramènerait à peu de chose près au niveau de l’année antérieure.





