Les entreprises suisses gagnent du terrain à la bourse
Écrit par Pierre-Henri Badel Lundi, 18 Janvier 2010 05:17
Selon une analyse de la capitalisation boursière des entreprises les mieux cotées au monde, quatre entreprises suisses figurent parmi les 100 plus importantes capitalisations mondiales.
Au cours de l'année 2009, les grands groupes suisses ont vu leur valeur boursière progresser, ce qui a contribué à accroître l'importance de la Suisse sur les marchés boursiers internationaux. Au 31 décembre 2009, quatre entreprises suisses comptaient parmi les 100 plus fortes capitalisations mondiales - contre trois il y a un an.
Dans le classement par pays, la Suisse se place ainsi à la sixième place en nombre d'entreprises au côté de l'Allemagne et du Brésil (année précédente: huitième place), derrière les Etats-Unis, la Chine, la Grande-Bretagne, la France et le Japon. En occupant les places 17 et 28, les entreprises suisses les plus chères sont Nestlé et Roche. Situées aux 32 et 98 rang, Novartis et Credit Suisse figurent également parmi les 100 premières.
Une plus-value boursière de 26%
En termes de capitalisation boursière totale, la Suisse occupe ainsi le cinquième rang (année précédente: septième place): la valeur des entreprises suisses représentées dans le top 100 est actuellement de 526 milliards de dollars, alors qu'elle atteignait 416 milliards de dollars fin 2008. Cette hausse correspond à une plus-value de 110 milliards de dollars, soit 26%. Ces données sont le résultat d'une analyse effectuée par la société d'audit et de conseil Ernst & Young.
Tandis que l'Europe et les Etats-Unis ont été durement touchés ces 12 derniers mois, les entreprises asiatiques en particulier ont gagné en importance sur les marchés boursiers internationaux. Ainsi, le nombre de sociétés chinoises figurant dans le top 100 est passé de 8 à 11 l'année dernière; dans le top 300, leur nombre a même augmenté de 19 à 25.
Quant à l'Europe, elle n'est plus représentée que par 34 entreprises dans le classement des 100 plus grosses capitalisations mondiales, contre 38 il y a encore un an. La part de l'Amérique du Nord a été ramenée de 43 à 39 ces douze derniers mois.
Le secteur financier en pleine renaissance
La crise financière a entraîné un effondrement transitoire du secteur financier sur les marchés boursiers mondiaux, dont il s'est néanmoins partiellement remis depuis lors. Fin 2008, seules 16 entreprises du secteur financier ont réussi à se classer dans le top 100, leur nombre est aujourd'hui remonté à 24. Le nombre de banques dans le top 100 est passé de 12 à 21.
Les entreprises du secteur financier, représentées dans le top 100, avaient il y a un an encore, une valeur totale de 1420 milliards de dollars, celle-ci s'élève aujourd'hui à 2730 milliards de dollars - soit une hausse de 92%.
Le secteur de l'énergie et celui des matières premières ont eux aussi gagné en importance. Le nombre d'entreprises du secteur de l'énergie qui ont pu se classer dans le top 100 a augmenté de 16 à 18 en 2009, le nombre d'entreprises du secteur des matières premières de 3 à 6.
Le comportement des investisseurs a changé de manière notable ces derniers mois, comme le montre Stephan Haagmans, responsable Transaction Advisory Services pour Financial Services chez Ernst & Young Suisse: «Les investisseurs se tournent à nouveau vers l'avenir et recherchent de nouvelles opportunités et de nouveaux marchés de croissance. L'état de choc et de dépression qui avait initialement déclenché la crise chez les investisseurs et les entreprises est du passé. Les mauvaises nouvelles comme la crise à Dubaï sont à nouveau accueillies avec un certain flegme par les investisseurs».
Les pays émergeants ont le vent en poupe
Ce sont essentiellement les pays de la zone BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) qui jouent un rôle de plus en plus important sur les marchés boursiers internationaux: fin 2009, 18 entreprises de ces pays ont réussi à se classer dans le top 100, contre 11 seulement l'année précédente. «Les investisseurs semblent s'accorder pour dire que la prochaine décennie sera celle des pays émergents. Alors que les pays industrialisés souffriront encore longtemps des conséquences de la crise financière, les marchés émergents vont connaître une ascension fulgurante», commente Louis Siegrist.
«L'économie mondiale se transforme en un système multipolaire avec plusieurs régions de croissance majeures. La crise actuelle a renforcé encore cette évolution», déclare Louis Siegrist. «La Chine, surtout, sera indubitablement l'un des acteurs clés à l'avenir. Le pays et ses entreprises continueront à prendre davantage de poids dans l'économie mondiale. Cela se reflète aujourd'hui déjà dans les cours boursiers». La croissance de l'économie chinoise est de nouveau très dynamique grâce au rôle moteur des programmes conjoncturels étatiques; la République populaire semble donc relativement bien surmonter la crise. Une croissance à deux chiffres est même de nouveau attendue en Chine en 2010.
En fin d'année encore, l'effondrement des prix des matières premières et la récession mondiale avaient pesé fortement sur les actions des entreprises des pays BRIC. «La crise avait entraîné à court terme une perte de confiance dans les pays émergents. Depuis, on constate que ces pays surmontent mieux la crise que ceux de l'Ouest. Il est clair que la Chine, l'Inde et le Brésil portent aujourd'hui tous les espoirs des investisseurs», observe Louis Siegrist.
Petrochina, l'entreprise la plus chère au monde
Forte d'une capitalisation boursière de 353 milliards de dollars, Petrochina était au 31 décembre 2009 l'entreprise la mieux cotée au monde, suivie d'Exxon Mobil (324 milliards de dollars). La valeur totale des dix premières capitalisations mondiales s'élève actuellement à 2400 milliards de dollars, alors que leur valeur boursière était de 1800 milliards de dollars il y a un an. La valeur des 100 plus fortes capitalisations mondiales était passée de 9300 à 11'900 milliards de dollars au cours du premier semestre.





