Le secteur de la finance n’est pas préparé à la mondialisation

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Les investissements réalisés à travers le monde sont appelés à doubler ces dix prochaines années pour atteindre 300 billions de dollars. Or, les stratégies adéquates font défaut de la part des institus financiers, comme le révèle un sondage réalisé auprès de plus de 800 représentants de la branche. La Suisse décroche néanmoins la meilleure note pour le développement actuel de son marché financier, et les prévisionnistes pensent qu’elle pourra défendre sa position jusqu’à 2025.

La rapide croissance des flux financiers, en particulier sur les nouveaux marchés, ouvre de nouvelles opportunités dans le monde entier mais requiert aussi des méthodes de travail suffisamment intégrées et globalisées. C’est précisément cela qui fait défaut dans leurs entreprises, aux dires de 93% des directeurs financiers interrogés. Tel est le principal résultat de l’actuelle étude IBM «Get global. Get specialized. Or get out. Unexpected lessons in global financial markets» qui examine les effets de la mondialisation sur le secteur de la finance. Afin de pouvoir prédire l’évolution des marchés internationaux d’ici 2025, un nouveau modèle macroéconomique permettant les comparaisons entre les pays a également été développé.

 

Une enquête menée dans 35 pays
L’IBM Institute for Business Value a interviewé, en collaboration avec l’Economist Intelligence Unit, 848 directeurs financiers ainsi que 107 clients institutionnels dans 35 pays. Les personnes qui ont répondu à ce sondage représentent l’ensemble de la branche – des petites banques aux groupes mondiaux, des différents départements au sein des entreprises financières jusqu’aux responsables des papiers-valeurs en passant par les associations sectorielles. D’une façon générale, l’étude montre que l’industrie financière manque de stratégies pour une exploitation efficace des opportunités au niveau mondial.
Les principaux constats de cette enquête s'avèrent que des opportunités importantes dans le monde entier, en particulier sur les nouveaux marchés.
D’ici 2015, les investissements vont doubler dans le monde pour atteindre près de 300 billions de dollars, et, selon les estimations, ces montants devraient même quintupler pour arriver à 700 billions en 2025. 60% de cette croissance va intervenir sur les nouveaux marchés tels que la Chine, la Russie, l’Inde et le Brésil. Par exemple, 17% des investisseurs chinois placent aujourd’hui leurs économies dans des dépôts bancaires, alors qu’en 2025 plus de 38% d’entre eux investiront probablement dans les papiers-valeurs.
Nombreuses sont les instituts financiers qui ne sont pas en mesure de saisir et mettre à profit des opportunités de plus en plus dispersées géographiquement. Plus de 93% des sondés ont reconnu que leur entreprise ne travaillait pas de manière intégrée au niveau international. Deux tiers d’entre eux considèrent comme étant insuffisantes à médiocres leurs propres activités à l’étranger.

 

Les grandes banques les mieux armées
De l’avis des responsables interrogés, les grandes banques et leurs offres largement diversifiées sont généralement les mieux à même de l’emporter face à la concurrence internationale. Néanmoins, les établissements spécialisés ont obtenu une meilleure appréciation que les généralistes de la finance quant aux aptitudes requises à cet effet. Cette contradiction révèle qu’il devient de plus en plus difficile et de plus en plus coûteux pour les grands instituts financiers d’être les meilleures dans chaque niche.
De nombreux acteurs du marché de la finance sous-estiment l’influence personnelle des collaborateurs sur les processus mondiaux. Des cultures différentes et, partant, des approches et méthodes de travail divergentes sont les obstacles les plus couramment mentionnés sur la voie des sociétés souhaitant développer une intégration à l’échelle planétaire.
Outre ce sondage, IBM et l’Economist Intelligence Unit ont développé pour l’étude un modèle macroéconomique permettant des prévisions quant à l’évolution des flux financiers jusqu’à 2025. L’analyse des marchés de la finance dans 35 pays tient également compte du PIB nominal ainsi que du niveau de développement des marchés financiers en question, par exemple les conditions-cadres légales, la stabilité de la monnaie et la capitalisation boursière.
L’indice de sophistication du marché financier est ici mené par la Suisse, suivie de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis. Notre pays obtient de très bons résultats à quasiment touts les niveaux, se voyant attribuer un maximum de points. L’analyse montre que la Suisse sera également en mesure de défendre à l’avenir cette position de leader.

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