La banque privée en pleine mutation
Écrit par Pierre-Henri Badel Mardi, 25 Mai 2010 16:17
L'augmentation des revenus que l'on constate dans les pays en voie de développement et le renforcement de la régulation exige des changements profonds dans la gestion des fonds.
Les prochains moteurs de croissance de la banque privée se situent dans les nouveaux centres financiers en Chine, en Inde et au Moyen-Orient. La pression régulatrice et le scepticisme règnent actuellement sur les marchés traditionnels. Cela constitue un important défi à relever pour les banques. Elles doivent s'adapter aux nouveaux besoins des clients et aux nouvelles règles.
En dépit d'un recul de 25 à 30% des revenus, la majorité des banques de gestion de fortunes suisses ont bien surmonté la crise, relève une enquête de Booz & Compagny.
La future croissance viendra des marchés émergeants
D'ici 2010, un tiers des investisseurs privés disposant d'une fortune de plus de 1 million de dollars sous forme de placements vivra dans les pays de la région Asie-Pacifique. On y trouvera donc plus de millionnaires qu'en Europe ou en Amérique du Nord. La stabilité politique croissante que vivent ces pays poussera ces personnes à investir de plus en plus dans leurs pays.
Une étonnante résistance de l'industrie de la gestion de fortune
Les banques actives dans la gestion de fortunes se sont très bien sorties de la crise financière. En dépit du recul sensible des recettes, elles ont pu rapidement dégager, pour la majorité d'entre elles, d'excellents résultats malgré la réduction sensible de leurs recettes.
La majorité des managers interrogés sont convaincus que la banque privée s'est modifié de manière irrévocable dans ses principaux domaines, et que d'autres adaptions sont en vue.
Les clients exigent une architecture de produit ouverte
Selon cette étude, le modèle intégré de la gestion de fortune fait l'objet d'une grande attention. La méfiance qui règne à l'encontre des fournisseurs qui regroupent sous la même enseigne le conseil et les produits est très aiguë. C'est pour cette raison que certains établissements ont déjà séparé leurs unités chargées de l'asset management et du conseil à la clientèle. Il faut s'attendre à ce que les acteurs du marché suivent cet exemple. Le futur modèle sera celui de l'architecture produit ouverte au sein de laquelle les clients pourront choisir les meilleurs produits de différentes sociétés dans chaque catégorie de placement.
Redéfinition du modèle offshore
La chasse aux avoirs non déclarés va obliger les banques déployant des activités offshores de se repositionner. Dans de nombreux pays, la pression des administrations fiscales a conduit les investisseurs n'ayant jusqu'ici pas déclaré leurs fortunes se mettre en conformité ou les rapatrier.
Les banques privées qui axaient leurs activités sur les affaires offshores doivent élaborer de nouvelles stratégies si elles veulent réussir dans le nouveau paradigme des avoirs déclarés. Celles qui étaient axées sur les avoirs non déclarés se retrouveront très bientôt sans modèle d'affaires capable de survivre la crise actuelle.
Réduction des coûts de 10 à 15%
Les établissements de gestion de fortune sont arrivés à réduire sensiblement leurs coûts en un très faible laps de temps. Toutes les personnes interrogées dans le cadre de cette étude indiquent une réduction des salaires variables. 85% des interlocuteurs ont reconnu que le nombre d'employés avait été réduits de manière sélective. Il est cependant nécessaire de prendre des mesures pour agir de manière à réduire la pression constante sur les marges et les coûts croissants de la mise en conformité.
Quoi qu'il en soit, les établissements de gestion de fortune devront assurément réduire la base de coûts actuelle de 10 à 15%, reconnaît en particulier Andreas Leutzhofer, membre de la direction du cabinet Booz & Compagny à Zurich.






