La Suisse résiste à la crise économique

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Comme ce fut déjà le cas en 2008, l'étude de l'IMD confirme l'excellente position de la Suisse en terme de compétitivité sur le plan international.

Située en quatrième position derrière respectivement les Etats-Unis, Hong Kong et Singapour, la Suisse est confrontée à des défis qu'elle se devra de relever au cours de ces prochaines années. Cela provient en partie du fait que, depuis l'automne 2008, elle enregistre une sérieuse baisse de son attractivité: le flux des investissements est passé de 12% à 3% du PIB entre 2007 et 2008.

Depuis, l'érosion s'est poursuivie et l'on prévoit que la croissance des exportations va chuter cette année, notamment du fait que l'Allemagne, principale partenaire commerciale de la Suisse, a annoncé que 2009 serait catastrophique pour son économie. Les effets de la crise vont donc se faire ressentir ces prochains mois.

 

Une détérioration qui fait tache d'huile

La détérioration que l'on a constatée sur le marché du travail dans la construction à la fin de 2008 s'est ensuite étendue au secteur des services (hôtellerie, banques, etc.). Par conséquent, le niveau de la consommation privée, qui s'était maintenu en 2008, devrait baisser en 2009, précise l'IMD dans son étude. Les citoyens suisses retarderont de quelques mois leurs achats et auront tendance à économiser.

La compétitivité ne se mesure pourtant pas uniquement en terme de croissance du PIB. Si l'on compare la Suisse à de nombreux autres pays, ses principaux piliers économiques, politiques et financiers présentent une stabilité remarquable. L'excellente position de notre pays sur l'échiquier mondial est due en priorité à la qualité de son environnement, à l'efficacité de son gouvernement (un critère où la Suisse sort en troisième position parmi les 57 pays étudiés), aux affaires (3e) et à son infrastructure (4e).

 

Une confiance renouvelée malgré un certain pessimisme

Les valeurs moyennes obtenues dans le cadre de cette enquête se sont quelque peu détériorées depuis le début de 2009, mais il s'agit d'un phénomène qui touche la majorité des pays. Les effets de la crise ont été ressentis par les dirigeants suisses au cours du premier trimestre. La question touchant à la résilience de l'économie suisse par rapport aux cycles (ou chocs) économiques l'ont faite reculer de la troisième à la neuvième place. Les dirigeants sont plus pessimistes cette année et pensent que les mesures structurelles vont prendre un certain temps pour produire leurs effets.

Dans une perspective plus globale, le résultat de cette enquête reste néanmoins satisfaisant. Les impôts personnels et des entreprises ne découragent par les dirigeants à aller de l'avant et ne freinent pas les activités entrepreneuriales. Les PME, les relations de travail, la possibilité d'attirer du personnel étranger très qualifié, l'expérience de dirigeants rompus aux activités déployées sur le plan international ainsi que la forte adaptabilité des entreprises confirment la haute qualité de l'environnement de travail rencontrée en Suisse.

De plus, cette étude relève une excellente perception de l'infrastructure de distribution et de la qualité de la formation. Cela concerne surtout le niveau de l'enseignement universitaire, la disponibilité d'ingénieurs qualifiés et les connaissances linguistiques, facteurs essentiels pour répondre aux besoins d'une économie concurrentielle.

 

Suffisamment armée pour résister à la crise?

Si on les compare à celles des autres pays, les prédictions au sujet de la future compétitivité de la Suisse doivent prendre en compte l'entrée assez tardive de son économie dans la crise dont les véritables effets devraient se concrétiser en 2009 ou 2010.

Les Etats-Unis, qui contribuent à 23% au PIB mondial, restent le moteur de l'économie et font preuve d'une importante capacité d'adaptation, souligne l'étude de la prestigieuse école lausannoise. Si la Suisse devrait relativement bien résister à ces vents contraires, elle n'enregistrera pourtant qu'une croissance douce au cours de ces prochaines années, comme ce fut le cas dans les années 90. <

Actuellement mis sous pression sur le plan international, le secteur bancaire, qui représente approximativement 12% du PIB de la Suisse, doit restaurer la confiance que le marché lui accorde dans ses capacités à rebondir et se concentrer sur ses points forts, à savoir ses aptitudes financières et la qualité de ses services.