Des réformes nécessaires malgré la bonne résistance à la crise
Samedi, 16 Janvier 2010 16:27
Jusqu'ici, la Suisse a mieux résisté à la crise financière que d'autres pays.
Selon un récent rapport de l'OCDE sur la politique économique, bien que les mesures de stabilisation prises en Suisse se soient avérées pertinentes, il serait nécessaire de procéder à des réformes pour consolider la relance. Il convient notamment de lever de manière graduée les mesures prises pour stabiliser les marchés financiers et l'emploi, de réajuster la réglementation des marchés financiers en fonction des enseignements de la crise récente et de prendre des mesures en vue d'améliorer le potentiel de croissance à long terme de l'économie suisse.
Plusieurs secteurs d'exportation de l'économie suisse telles que l'industrie chimique sont peu sensibles à la conjoncture, souligne ce rapport. Par ailleurs, la Suisse n'est pas directement concernée par l'effondrement des prix immobiliers. L'OCDE salue le discernement dont ont fait preuve les autorités suisses pour consolider le système financier. Toutefois, les conséquences de la crise mondiale sur l'économie suisse appellent des mesures de politique économique.
Réduire les risques liés à l'insolvabilité des banques
Pour l'OCDE, le premier enjeu concerne le secteur des services financiers. Les coûts élevés liés à l'éventuelle insolvabilité d'une grande banque doivent être réduits. Pour ce faire, la Suisse a déjà décidé d'adapter la réglementation des marchés financiers et des prestataires de services financiers et de mettre en oeuvre des dispositifs macroprudentiels. L'étroite collaboration requise à cet effet entre la Banque nationale suisse et l'autorité de surveillance des marchés financiers (Finma) est déjà engagée. Le Conseil fédéral a par ailleurs nommé une commission d'experts chargée d'étudier les risques que présentent de grandes entreprises pour l'économie nationale.
Deuxièmement, la politique économique de la Suisse doit relever plusieurs défis sur le marché de l'emploi. Alors que de nombreux emplois avaient été créés durant la phase de reprise en Suisse, le chômage a progressé dans le sillage de la crise économique mondiale, et le mouvement devrait se poursuivre. L'OCDE recommande d'étudier des mesures favorisant la réinsertion rapide des chômeurs dans la vie active. Le Conseil fédéral répond à cette problématique dans son message relatif à la révision de la loi sur l'assurance-chômage (LACI) qui se trouve actuellement devant les chambres.
Favoriser la croissance
Un troisième volet des recommandations concerne le potentiel de croissance à long terme de l'économie suisse. Selon l'OCDE, pour maintenir le niveau de vie est élevé en Suisse, il faut poursuivre les réformes favorisant la croissance afin d'augmenter la productivité du travail, qui est faible en comparaison internationale, en particulier dans les branches protégées de la concurrence. Le DFE a reconnu très tôt l'importance des réformes en poursuivant et en complétant en continu la politique de croissance 2008-2011 du Conseil fédéral.
Des améliorations possibles dans l'enseignement
L'OCDE consacre un chapitre spécial au système éducatif suisse. Tout en soulignant sa grande qualité, l'OCDE voit des améliorations possibles dans certains domaines. Il conviendrait selon elle de prendre des mesures supplémentaires afin de réduire les écarts de formation scolaire entre les enfants de migrants et les enfants d'autochtones. L'OCDE est notamment favorable à l'avancement de l'âge de la scolarisation prévue dans le concordat HarmoS ainsi qu'à l'extension de l'offre de prise en charge de la petite enfance.
L'analyse contient d'autres suggestions utiles, par exemple dans les domaines de la direction des établissements scolaires, de l'assurance-qualité, du financement et des prêts d'études, qui pourraient être pris en considération par la Confédération et les cantons dans le cadre du développement des différents degrés de formation.





