Transparence pour la formation professionnelle
Mardi, 23 Septembre 2008 15:17
Tout comme les accords de Bologne tentent de mettre de l'ordre dans la formation au niveau des hautes écoles, le processus de Copenhague cherche à trouver un dénominateur commun aux filières européennes de la formation professionnelle.
A la grande différence de la réforme de Bologne, le processus de Copenhague essaye, dans un premier temps tout au moins, d'offrir une plus grande transparence dans la formation professionnelle de base. Il s'agit d'abord de trouver un référentiel au sein duquel tous les pays de l'Union européenne pourront positionner les acquis de leurs jeunes. L'approche de cette démarche est beaucoup plus pragmatique que celle de Bologne, tant les différences sont énormes entre les pays du Vieux-Continent. Dans certains, l'apprentissage classique tel qu'on le connaît en Suisse n'est aucunement mis en valeur. A l'opposé, dans notre pays, il fait l'objet de soins tout particuliers.
La Suisse s'associe à cette démarche
Pour la Suisse, où l'apprentissage fait partie d'une valeur sûre du système de formation de base, il est important qu'elle s'associe à cette démarche pour revaloriser sa filière de formation et apporter à cette dernière une plus grande crédibilité. En fait, le processus de Copenhague prévoit la mise en place dans chaque pays d'un cadre national de qualification (ou NQF, abréviation de National Qualification Framework). Celui-ci définit les certifications aux différents niveaux du savoir, classifie les certifications actuelles selon ces niveaux, règle le passage d'un niveau à l'autre et encourage la formation continue. Le cadre européen de qualifications (EQF) sert ensuite de dénominateur commun aux différents cadres nationaux.
Des qualifications aux compétences
Le deuxième élément essentiel du processus de Copenhague est constitué par le référentiel de compétences. Il décrit celles-ci au niveau du savoir, du savoir-faire et du savoir-être. Sa fonction est d'apporter son aide pour définir les certifications en vigueur selon les niveaux et en fonction des besoins du monde du travail en matière de qualifications.
Le troisième volet du processus de Copenhague a trait à la validation des acquis de l'expérience (VAE). Il a comme vocation de permettre la reconnaissance de compétences acquises dans la pratique et hors des filières formalisées et débouche sur l'obtention d'une certification formelle, le cas échéant par des compléments aux compétences existantes. il est en outre le vecteur d'encouragement de la formation continue (Life long learning, ou LLL).
Un long processus de définition
En Suisse, l'Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie (OFFT) s'est engagé sur la voie d'une collaboration avec l'Union européenne pour s'aligner sur cette démarche commune. Certains pays européens sont déjà bien avancés dans cette démarche de classification des acquis et compétences. C'est en particulier le cas de l'Irlande, de la Hollande et du Portugal qui s'y sont lancés avant même que l'Europe ait choisi de mettre en place un tel processus.
A tout point de vue, ce nouveau modèle en cours d'élaboration au niveau européen sous le nom d'European Qualifications Framework (EQF) offrira surtout une transparence accrue entre les différents titres et formations. Un employeur pourra beaucoup mieux comparer les capacités, compétences, connaissances et aptitudes d'un candidat pour un poste donné.
Huit niveaux de référence
Le rôle de l'EQF est de constituer une référence neutre pour tous les types et systèmes de définition des qualifications. Il fournit également une référence pour le développement des qualifications au niveau sectoriel. Ce cadre de références qui rassemble les travaux effectués au niveau des processus de Bologne et de Copenhague couvre tous les types de qualifications, comprend huit niveaux de référence assortis chacun d'un descripteur de compétences et de l'apprentissage.
Si certains pays européens déjà engagés dans une telle approche ont choisi un nombre différent de niveaux de référence, il se pourrait qu'ils harmonisent à moyen terme leur modèle avec celui défini au plan européen.
Ce dernier intègre les points de vue d'un groupe d'experts et se rapporte aux outils et principes de développement existants. Par ailleurs, le système européen de transfert d'unités capitalisables pour l'enseignement et la formation professionnelle concrétisera les principes de mobilité des personnes au sein de l'Union. Et la Suisse en bénéficiera directement dans le cadre des accords bilatéraux sur la libre circulation.
Deux à trois ans de préparation
Au stade actuel des choses, l'OFFT va commencer à analyser l'approche européenne telle qu'elle ressort des documents élaborés par les instances de l'UE. Les responsables suisses vont mettre sur pied un groupe de travail qui devrait s'attaquer à ce dossier en collaboration avec ses partenaires de l'économie et du monde de la formation. Un laps de temps de deux à trois ans est prévu pour obtenir les premiers résultats de cette réflexion. Il s'agira en particulier de développer des référentiels de compétences pour chaque métier et de mettre sur pied préalablement des cours portant sur la manière de les développer et de les organiser.
Tout au long de ce processus, l'OFFT aura comme mission d'assurer la cohérence de l'ensemble et de veiller à ce que les différentes organisations tirent à la même corde. La priorité a été fixée sur les métiers exigeant une grande mobilité. Et de citer l'exemple de la logistique où huit associations se sont unies pour faire avancer les choses rapidement.
Sur le fond, on ne s'attend pas à de grandes révolutions dans les filières de formation et dans l'enseignement. L'aspect novateur de la démarche est que l'on obtiendra une échelle de comparaison avec les autres. Cela aura comme conséquence une plus grande transparence sur le marché du travail.
Pour en savoir plus: www.bbt.admin.ch/themen/berufsbildung/00106/00355/index.html?lang=fr





