Gestion de projets: au-delà du phénomène de mode

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Ces dernières années ont été marquées par une accélération des processus et activités opérationnelles ainsi que par de constants changements au sein des entreprises. Cette évolution a impliqué de les formaliser dans le cadre de projets. Leur gestion est devenue un art très en vogue, expliquant par conséquent l'essor des filières de formation dans ce domaine.

 

L'intérêt pour le management de projet s'est particulièrement développé au cours de ces dernières années. «Au-delà de l'effet de mode, il s'agit d'un besoin réel au sein des entreprises. Il faut aller toujours plus vite, faire preuve d'originalité et, la durée de vie des produits étant toujours plus courte, innover constamment» constate Francesco Di Pasquale, directeur de la société Iteral qui propose des formations dans ce domaine. Pourtant, tout comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir, les hommes ont été confrontés dès l'Antiquité à des problèmes de gestion de projet.
La construction des pyramides d'Egypte, du Colosse de Rhodes ou du Phare d'Alexandrie ont assurément nécessité une bonne dose de compréhension du fonctionnement d'un chantier pour atteindre la perfection de ces grandes merveilles du monde.


Une technique qui s'étend à tous les aspects de la vie professionnelle
Aujourd'hui, toute incursion dans un domaine nouveau pour une entreprise peut être considérée comme propice à en faire un projet. La vulgarisation de cette approche et son application à une multitude d'activités ont débouché sur une meilleure structuration des outils et méthodes qui jusqu'ici relevaient surtout de l'apanage des spécialistes de l'organisation.
«Le management de projet concerne aussi bien celui qui veut créer son entreprise que ceux qui souhaitent ou doivent mener à bien une restructuration dans un service» note à ce propos Claude Cherbuin qui dispense des cours dans ce domaine au sein de l'Ifage à Genève.


Mettre l'accent sur les aspects pratiques
Les techniques actuelles de management de projet ont émergé surtout en raison du besoin de formaliser la méthodologie. Un terme qui pourrait paraître quelque peu barbare pour certains, risquant de les rebuter. Raison pour laquelle plusieurs instituts de formation mettent principalement l'accent sur l'aspect pratique et sur des cas concrets.
«Les étudiants nous proviennent de tous les horizons» reconnaît Claude Cherbuin, tout en précisant: «Nos cours sont dispensés aussi bien à des indépendants ou chefs d'entreprise qu'à de simples employés issus de tous les secteurs de l'économie».
Dans le cadre de l'institut Ifage, le cours se déroule en sept sessions en soirée comprenant trois périodes chacune, soit 21 au total. La méthode appliquée est de type pas à pas permettant d'aborder toutes les étapes de la réalisation pratique d'un projet. «Tous les élèves travaillent sur un projet et doivent remettre un dossier en fin de formation à l'issue de laquelle ils obtiennent une certification Ifage» poursuit-il. «Il s'agit d'une démarche pratique mettant en évidence l'adaptation de la théorie à un cas concret».



Faire ressortir la dimension humaine
On entend le même son de cloche du côté d'Iteral. Mais Francesco di Pasquale insiste pour sa part sur la nécessité d'introduire un mode de fonctionnement transversal et de faire ressortir la dimension humaine de la gestion de projet. Une surprise pour les participants qui recherchent plutôt à maîtriser des techniques. Cet aspect des choses bouscule quelque peu les habitudes car, sur certains points, cela implique de court-circuiter la direction. «Cela oblige à faire changer les mentalités» note en l'occurrence Francesco Di Pasquale.
La méthode Perfecto qu'il applique passe par une formation de base dispensée sur quatre jours. L'apprentissage n'est pas axé uniquement sur les outils essentiels permettant de gérer des projets mais aussi, durant les deux dernières journées, sur le partage des connaissances, avec un accent particulier donné aux aspects humains. Cette formation englobe aussi quelques modules complémentaires, à savoir la gestion des risques et celle des portefeuilles de projets qui ne peuvent habituellement pas être suivis dans le cadre de la filière de base. D'autres options sont également envisageables telles que la gestion financière de projets ou la voie de la certification officielle, cette dernière représentant une démarche beaucoup plus lourde.



Valider les compétences selon un référentiel reconnu
A côté de ses filières dans le domaine de l'organisation, l'Association suisse d'organisation (ASO) est également active dans la formation à la gestion de projets. «L'objectif de nos cours consiste à faire certifier les connaissances professionnelles dans le domaine du projet, à savoir de valider les compétences selon un référentiel reconnu de tous, en particulier les normes internationales IPMA, représentées en Suisse par le VZPM» explique Yves Fauth, membre du comité et responsable de la formation au sein de l'association. Selon lui, les principales motivations des élèves à suivre ce cursus proviennent du fait qu'il contribue à leur promotion professionnelle et qu'ils obtiennent ainsi une reconnaissance de leurs pairs, mais aussi parce que cette formation leur permet de répondre à des offres d'emploi exigeant une certification.
Elle leur offre par ailleurs l'occasion de partager et confronter leurs connaissances avec d'autres candidats. «Ce sont les exercices de groupe autour d'un cas à résoudre, l'échange d'idées et le partage d'expériences qui interpellent le plus les candidats» relève-t-il, tout en soulignant que c'est l'ensemble des outils liés à la gestion d'un projet, allant de l'expression des besoins et l'analyse de faisabilité, en passant par l'organisation structurelle et fonctionnelle, l'identification des tâches et leur attribution, la planification et le suivi de la réalisation, jusqu'à la communication, le marketing et les aspects financiers, que les candidats ressentent la nécessité de maîtriser.
Pour ce qui est de l'orientation des cours de l'ASO, Yves Fauth précise encore que «pour l'essentiel, c'est la pratique qui doit constituer la clé de voûte du succès du candidat».

(c) Pierre-Henri Badel, www.adi-presse.ch



Certification en management de projet: que choisir?

La demande de certification en management de projet a considérablement augmenté tant en Europe qu'aux Etats-Unis. Les professionnels désirent faire certifier leurs capacités professionnelles, les clients demandent souvent à leurs fournisseurs de donner des indications précises sur les qualifications de leurs employés et les entreprises veulent offrir un plan de carrière attrayant à leurs chefs de projet.

Trois types de certification s'affrontent
Le PMI (Project Management Institute) a mis en place un programme de formation PMP (Project Management Professionnal) pour certifier les chefs de projets. En Europe, la certification PMP (Project Management Professionnal) concurrence la IPMA (International Project Management Association), quasi équivalente à quelques différences près. Aux Etats-Unis, seule la certification PMP est reconnue. En Europe, bon nombre d'entreprises globales ont choisi la voie PMP alors que celles ayant plutôt une vocation nationales ou européennes ont opté pour l'IPMA.

La certification IPMA
La certification de l'IPMA (International Project Management Association) comporte quatre niveaux allant du débutant à l'expert international
. Pour le niveau D, il suffit de répondre à un questionnaire à choix multiple. Pour les autres niveaux, il faut réussir un test de connaissances, effectuer une auto-évaluation de compétences, présenter un formulaire prouvant que le candidat bénéficie de l'expérience et de la formation nécessaires, ainsi que défendre un projet. Un examen oral en présence de deux assesseurs certifiés parachève la procédure.

La certification PMP
Cette certification décernée par le Project Management Institute comporte deux niveaux: le PMP (Project Management Professional) et le CAPM (Certified Associate in Project Management). L'examen proprement dit - qui se déroule uniquement en anglais - se compose de deux volets: un dossier de référence prouvant que le candidat dispose d'une solide expérience dans ce domaine et un examen testant les connaissances.

La certification Hermes
Depuis peu, une méthode de conduite de projet, développée par l'Unité de Stratégie Informatique de la Confédération (USIC), est agréée par la «Swiss Association for Quality»/SAQ. Il s'agit d'une norme de cyberadministration dédiée à la gestion et au déroulement des projets des technologies de l'information et de la communication (TIC). Elle tend à se généraliser à tous types de projets.