Survie des entreprises: les écueils sont nombreux
Jeudi, 21 Février 2008 15:16
En Suisse, un an après leur création, environ 80% des nouvelles entreprises exerçaient encore une activité économique.
Le fait de passer le cap de la première année d’existence n’a pas pour autant été une garantie de survie: le taux correspondant est en effet tombé à 50% après cinq ans. Le nombre d’emplois dans les entreprises survivantes a augmenté progressivement d’année en année. Cela n’a toutefois pas été suffisant pour compenser entièrement les pertes d’emplois provoquées par les entreprises qui ont cessé leur activité. Tels sont les principaux résultats qui ressortent de la statistique sur les toux de survie des nouvelles entreprises en 2005, établie par l’Office fédéral de la statistique (OFS).
Les statistiques du taux de survie des entreprises a pris en considération celles créées entre 2000 et 2004 pour déterminer combien d’entre elles étaient toujours en activité lors du recensement des entreprises de 2005. Pour chacune des cinq années de création, on a construit une cohorte de nouvelles entreprises. Au cours de la première année d’existence, presque une entreprise sur cinq a cessé son activité, le taux de survie après une année étant de 82%. Par la suite, la lutte pour la survie continue et le taux de survie a passé à 71% après deux ans, 65% après 3 ans, 60% après quatre ans et 49% après cinq ans. En valeur relative, la mortalité des entreprises a diminué avec le temps, exception faite pour le taux à 5 ans.
D’importantes variations
Le taux de survie des entreprises varie en fonction de l’activité économique exercée par les entreprises. D’une manière générale, il a été plus élevé dans le secteur secondaire que dans le tertiaire. Ce résultat peut en partie s’expliquer par le fait que les activités dans le secteur des services requièrent, en règle générale, moins de personnel et d’investissements en infrastructure et en capital, d’où une souplesse accrue quant à la création et à la fermeture d’entreprises.
Parmi les secteurs d’activité ayant le taux de survie le plus élevés, on trouve la construction, l’industrie, l’hôtellerie et la restauration ainsi que la santé et les activités sociales. A l’inverse, le taux de survie est faible dans les branches du commerce, des activités financières et des assurances ainsi que dans l’informatique à partir de la deuxième année d’existence.
Une évolution positive
Pour toutes les cohortes analysées, le nombre total d’emplois dans les entreprises survivantes lors du recensement des entreprises de 2005 était supérieur à celui de départ dans ces mêmes entreprises. Avec le temps, la progression s’avère constante (après 1 an: +12%; après 2 ans: +25%; après 3 ans: +35%; après 4 ans: +46%; après 5 ans: +52%).Le bon dynamisme des unités survivantes n’a cependant pas suffi à compenser entièrement les pertes d’emplois provoquées par les fermetures d’entreprises.
Excepté la cohorte 2000 (-18%), les pertes par rapport à l’emploi de départ dans la totalité des entreprises créées ont toutefois été limitées et celles-ci ont varié entre 4% et 7%.Dans les entreprises qui survivent, l'emploi a progressé dans l’ensemble des secteurs économiques, et cela dès la première année d’existence. Dans l’industrie, la construction ainsi que des transports et la communication, le taux de croissance de l’emploi est supérieurs aux valeurs totales pour les cinq autres secteurs d’activité étudiées.
On retrouve des taux inférieurs dans le commerce, l’immobilier et les services aux entreprises. Dans le secteur secondaire, le taux de croissance de l’emploi dans les entreprises survivantes a permis de compenser entièrement les pertes provoquées par les fermetures d’entreprises, ce qui n’a pas été le cas dans le tertiaire.






