Moins d'amateurisme dans l'audit

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En Suisse, le niveau de professionnalisme et l'indépendance des comités d'audit a sensiblement progressé au cours des dernières années.

Aujourd'hui, près de 8o% des membres des comités d'audit sont entièrement indépendants et n'assument aucune tâche exécutive. En outre, ils n'entretiennent plus aucun lien financier avec l'entreprise: 85% d'entre eux reçoivent une rémunération fixe. Les activités et les attributions du comité d'audit seront étendues et on assistera au développement d'un comité global d'audit, de risque et de mise en conformité avec la législation et les usages habituels en matière de gestion d'entreprise.

C'est en tout cas ce qui ressort de l'étude «Un pas dans l'avenir - l'évolution des comités d'audit en Suisse» publiée par PwC Suisse en collaboration avec l'Institut für Accounting, Controlling und Auditing de l'Université de Saint-Gall. Cette étude se base sur une vaste enquête menée auprès de 116 membres de comités d'audit de 107 entreprises suisses.

 

Améliorer la communication

L'intégration croissante du comité d'audit dans la fonction de surveillance de l'ensemble du conseil d'administration doit s'accompagner d'une communication soutenue entre les membres de ces deux organes. Un catalogue précis des tâches des comités d'audit n'est toutefois pas défini, du moins sur le plan légal. Les administrateurs peuvent définir eux-mêmes l'éventail des tâches du comité d'audit dans le cadre d'un cahier des charges. Ainsi, ils peuvent réagir avec souplesse aux impératifs de la situation macroéconomique, de l'environnement réglementaire et du développement de l'entreprise.

Des champs d'activité plus complexes et plus exigeants

Le comité d'audit se développe en un comité global d'audit, de risque et de mise en conformité. Outre ses tâches classiques (contrôle du rapport financier et surveillance de l'audit interne et de la révision externe), le comité d'audit consacre davantage de temps à la gestion des risques, au système de contrôle interne, aux questions de conformité et à des thèmes spécifiques tels que la fiscalité, le droit ou les finances. Le travail du comité d'audit devient ainsi de plus en plus complexe et exigeant du point de vue du contenu.

«Le développement de l'entreprise détermine la composition du comité d'audit», commente Stefan Räbsamen, responsable Corporate Governance chez PwC Suisse. «Par exemple, si une entreprise souhaite s'étendre à l'étranger, procéder à des achats et des ventes d'entreprises ou entrer en Bourse, le comité d'audit devra disposer en son sein de personnes au bénéfice des connaissances et expériences adéquates».

Un marché spécifique se formera pour les membres des comités d'audit. Ceux-ci gèrent souvent aussi des mandats multiples. La plupart des membres des comités d'audit ont une opinion positive des mandats multiples, car ils renforcent leur expérience et leur professionnalisme.

 

L'accès à l'information est important pour assurer la qualité du travail

La qualité du travail d'un comité d'audit dépend de la qualité des informations dont il dispose. Le comité d'audit devrait avoir en tout temps accès à toutes les informations importantes pour le management. Il y a dix ans, les comités d'audit étaient encore largement inconnus dans les entreprises suisses. Aujourd'hui, les conseils d'administration confient souvent les fonctions de surveillance prescrites par la loi dans les domaines de la comptabilité et de la révision à des comités d'audit.

«Ces fonctions de surveillance sont obligatoires pour les entreprises cotées en Bourse et les banques à partir d'une certaine taille. Dans la pratique toutefois, un grand nombre d'entreprises non cotées ont spontanément mis en place un comité d'audit. Le rôle de ce dernier est défini sur la base des recommandations du «Swiss Code of Best Practice for Corporate Governance» et des dispositions de droit boursier en matière de Corporate Governance», explique le professeur Thomas Berndt, directeur de l'Institut für Accounting, Controlling und Auditing de l'Université de Saint-Gall.