Les cadres européens trop sédentaires
Jeudi, 03 Août 2006 19:08
La stratégie de Lisbonne initiée par les chefs d’Etat et de gouvernement européens en 2000 avait pour but de dynamiser les marchés mondiaux au sein de l’Union européenne d’ici 2010. Elle donnait l’image d’un monde dans lequel les employeurs pouvaient remédier à bon prix aux lacunes en matière de qualification grâce à la mobilité des spécialistes. Comme le révèle l’étude de Pricewaterhouse Cooper intitulée «Managing Mobility Matters 2006», cette dernière s’avère en réalité décevante, à l’exception de ce que l’on peut constater en Scandinavie, en Irlande et en Grande-Bretagne.
De graves entraves à la mobilité
En Europe, la mobilité sur le marché du travail est encore et toujours jalonnée d’entraves considérables. Il s’agit des barrières linguistiques, des différences entre les systèmes fiscaux, de santé et sociaux, de l’inégalité du droit du travail au sein de l’UE et de qualifications professionnelles non reconnues dans d’autres pays. Mais les questions liées au quotidien sont aussi déterminantes, telles les possibilités d’emploi et les chances de carrière du partenaire, la disponibilité de logements et d’écoles et la séparation avec la famille et les amis.
«Les informations relatives au marché du travail dans d’autres pays sont souvent insuffisantes. Tous ces facteurs font hésiter les candidats potentiels à accepter un poste à l’étranger. Pour la Suisse, la mobilité de la main d’œuvre visant à contrer la pénurie de personnel relève d’une importance particulière, les ressources étant restreintes dans de nombreux domaines», explique Andrew Chapman, partenaire de la filiale suisse du cabinet PricewaterhouseCoopers et spécialiste du conseil juridique et fiscal ainsi que des ressources humaines.
Une concurrence toujours plus vive
L’étude réalisée en 2001 par cette entreprise démontrait que les entreprises s’efforçaient en premier lieu de trouver des collaborateurs en vue d’augmenter leurs chances sur le marché européen. Aujourd’hui, l’image est différente. L’expansion des économies européennes s’est ralentie, et la concurrence entre les entreprises s’est renforcée.
Pour 27% des entreprises (4% en 2001), les coûts du personnel se répercutent clairement sur les affaires du marché européen. Seuls 13% des entreprises (21% en 2001) résolvent les pénuries de personnel en recourant à une main d’œuvre plus mobile.
«La recherche d’emploi et l’exercice d’une activité professionnelle dans un autre pays est un processus difficile. Pour accroître la mobilité au sein de l’Europe, les membres de l’Union et les employeurs doivent aborder les questions problématiques de manière beaucoup plus résolue et réduire ainsi les obstacles à la mobilité mentionnés dans le rapport» reconnaît à ce sujet Anne-Beatrice Meidow, spécialiste du recrutement de personnel international chez PricewaterhouseCoopers.
Les étrangers convoités
Parmi les principales raisons qui poussent les entreprises à engager des collaborateurs étrangers figurent la constitution d’un modèle commercial international et l’acquisition de qualifications appropriées. Les entreprises qui comptent un personnel étranger dans leurs effectifs voient en général leur performance d’un œil positif. En effet, bon nombre d’entre elles constatent chez ces collaborateurs une plus grande volonté de s’adapter et d’assumer une charge de travail plus importante.
Aujourd’hui, un tiers des entreprises souhaitent améliorer leurs prestations à l’égard de la clientèle en engageant des collaborateurs étrangers. Elles n’étaient encore que 21% en 2001.






