Entre vigulance et optimisme dans les investissements

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Janus DenzlerCFA, Head of Fixed Income Strategy de Janus Capital, Colleen Denzler fait le point sur le resserrement des spreads et les opportunités qui existent néanmoins dans les obligations d'entreprises et bancaires.

 

Elle explique aussi les raisons de sa prudence sur la dette des marchés émergents. Interview.

Les spread de crédit se sont réduits: peut-on encore parler d'opportunités intéressantes pour les investisseurs?

Malgré le resserrement des spreads de crédit, les obligations d'entreprises sont bien placées pour surperformer les autres produits à taux fixe. En effet, les spreads sur les obligations de catégorie investissement sont supérieurs aux moyennes historiques, alors même que les entreprises continuent à augmenter leurs marges et avoir des cash flows importants au niveau de leurs bilans. Les écarts de taux sur les obligations à haut rendement offrent des opportunités encore plus intéressantes car les entreprises continuent leur processus de désendettement et nombreuses d'entre elles souhaitent revenir rapidement dans la catégorie investissement.

Il va de soi que les investisseurs sont toujours à la recherche des meilleures obligations (maturité, covenants, structure, etc.) mais nous estimons que, malgré une potentielle remontée des taux, il y a de très bonnes opportunités en termes de rendement surtout dans un contexte de bonne santé des entreprises.

 

Quelle est votre opinion sur les obligations bancaires?

Je demeure optimiste sur les obligations bancaires puisque les spreads restent bon marché par rapport à celles des entreprises. De plus, des bilans gérés de façon prudente génèrent un endettement faible et des spreads serrés. Historiquement, les spreads sur les obligations bancaires de la catégorie investissement ont souvent été alignés sur ceux de leurs pairs dans d'autres secteurs, mais depuis les évènements de fin 2008, les échanges se font à des niveaux beaucoup plus bas.

Même si les inquiétudes du marché envers les institutions financières sont, depuis deux ans, justifiées, il ne faut pas oublier que les investisseurs ont reçu au cours des derniers trimestres des informations bien plus précises sur les réformes réglementaires et leur mise en oeuvre. De plus, le management des institutions financières a adopté volontairement une approche conservatrice dans la gestion des bilans afin d'intégrer dans le business model des niveaux faibles d'endettement. Si on associe la valeur relative des obligations à une clarté règlementaire et un désendettement progressif, il y a indéniablement des investissements intéressants à condition de sélectionner les titres de façon extrêmement attentive.

 

Comment expliquez-vous la sous pondération du segment émergents dans votre stratégie obligataire globale?

La sous pondération du segment émergent reflète nos inquiétudes liées aux valorisations et à l'impact sur ces marchés d'une potentielle crise européenne. En effet, nous aimerions voir les fondamentaux économiques sous-jacents refléter les valorisations actuelles des titres, ce qui pour l'instant ne nous semble pas être le cas.

Nous regardons aussi la corrélation entre la dette des marchés émergents et le PIB mondial ainsi que la reprise économique comme un facteur clé dans l'évaluation des risques et des opportunités de la dette émergente. Il est vrai que des signes de stabilisation des marchés européens tels que la forte participation à la vente de dette aux enchères du FESF ainsi que l'engagement de l'Espagne à soutenir son système bancaire sont très encourageants.

De plus, certains marchés émergents, dans le sillage de récents rapports faisant état de la solidité de l'économie asiatique, vont poursuivre leur développement. Nous suivons donc de très près tous ces facteurs et leurs possibles évolutions qui vont être déterminants dans les mois à venir et qui pourraient influencer notre stratégie.



Janus Capital Group
Ce groupe comprend trois sociétés spécialisées dans la gestion: Janus Capital Management LLC, Intech Investment Management LLC (Intech) et Perkins Investment Management LLC (Perkins). Les trois sociétés possèdent chacune leur propre style d'investissement, mais se concentrent toutes sur la gestion des investissements. Au 30 décembre 2010, Janus Capital gérait 169,5 milliards de dollars américains d'actifs. Établie à Denver, Janus Capital Group Inc. dispose de bureaux à Londres, Milan, Munich, Tokyo, Hong Kong, Singapour et Melbourne.